Habité, investi, transformé, en un mot vécu par les hommes, le paysage n'est
jamais reproduit avec une absolue fidélité sous le pinceau des artistes : c'est
regardé, interprété, traduit, en somme rêvé, que le paysage devient oeuvre. Genre
à la croisée de l'observation et de l'idéalisation, le paysage constitue l'une des
grandes richesses des collections du musée, et ce notamment grâce à la donation
Lavalard de 1890-1894 pour les XVIIe et XVIIIe siècles et grâce au legs
Dumont de 1926 pour le XIXe siècle.
La donation Lavalard, tout d'abord, faite en 1890, effective en 1894, dota le
Musée de Picardie, entre autres chefs-d'oeuvre, de plusieurs dizaines de paysages
flamands et hollandais du XVIIe siècle (de Jan Fijt, Salomon van Ruysdael ou
encore Jan Baptist Weenix, notamment) et, en guise de pendants, d'un nombre
également considérable de charmants paysages savamment composés par des
maîtres français du XVIIIe siècle (Jacques de Lajoüe, François Lemoyne, Hubert
Robert).
Ce fut ensuite le legs du chanoine Dumont, en 1926, qui fit entrer au musée un
ensemble significatif de paysages du XIXe siècle, sa préférence allant aux représentants
de l'école de Barbizon (Théodore Rousseau en est un bon représentant
dans cet accrochage). Si elle présente des lacunes importantes au regard de
l'histoire de l'art, la collection de paysages du Musée de Picardie témoigne néanmoins
d'une certaine histoire du goût et recèle d'innombrables trésors, parmi
lesquels des tableaux de Pierre Patel, Francesco Guardi, Jean-Honoré Fragonard,
Gustave Courbet, Johan Barthold Jongkind, etc.
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